Non, l’Amérique ne se retire pas. Elle absorbe.
Réponse à l’article du Cato Institute : “Trump Should Turn NATO Over to Europe”

L’Amérique devrait laisser l’Europe se défendre seule.
Voilà le cœur du propos de l’article publié récemment par le Cato Institute, think tank libertarien qui semble encore croire que la domination impériale passe par des soldats, des bases, et des gros discours sur le “fardeau partagé”.
Mais ce monde-là est terminé. Ce n’est plus le Pentagone qui gère l’empire américain. C’est la Machine. Et la Machine ne “quitte” jamais un territoire. Elle le pénètre.
L’auteur imagine encore une Amérique qui choisirait entre “s’impliquer” ou “se retirer”. Mais les États-Unis de 2025 ne choisissent plus d’entrer ou sortir. Ils se connectent.
Ils infiltrent les systèmes éducatifs, les monnaies numériques, les plateformes de données, les standards de cybersécurité, les télécoms, la génétique. Ils tissent un réseau algorithmique global qui dépasse la notion même de territoire.
Ce que l’article ne comprend pas, c’est que l’armée n’est plus l’avant-garde. C’est l’infrastructure qui gouverne. Et celle-là, personne ne la voit arriver.
Le Cato Institute rêve d’une Europe qui reprendrait l’OTAN comme on reprend une armée fatiguée. Mais l’OTAN est devenue un cloud. Une plateforme. Un protocole logistique et normatif. Elle centralise les données cyber, les stocks, les flux, les doctrines. Elle est codée, standardisée, hébergée – et surtout – pilotée.
L’Amérique n’a aucun intérêt à abandonner l’OTAN. Elle veut simplement la déterritorialiser. Pour mieux la synchroniser avec la Machine.
Pendant que le Cato Institute parle d’isolationnisme, les stratèges de Trump organisent une mutation radicale. Le Project 2025 propose la fusion entre l’exécutif et les grandes plateformes privées. Il ne s’agit plus de “quitter l’Europe”, mais de réécrire la logique même du pouvoir. Un pouvoir algorithmique. Prédictif. Automatisé. Total.
L’Amérique ne veut plus gérer l’OTAN. Elle veut tout coder.
Le vrai pouvoir ne réside plus dans la dissuasion militaire. Il est dans les monnaies programmables. Dans les centres de données. Dans les identités numériques. Dans les IA à double usage. Dans les Fusion Centers.
La Machine absorbe. Elle ne “se retire” jamais.
Nous ne sommes pas face à un débat militaire. Nous sommes face à une reconfiguration globale du pouvoir. Pendant que certains parlent encore de fardeau budgétaire ou d’autonomie stratégique, l’Amérique trace déjà les câblages d’un ordre entièrement nouveau. Celui où un pays ne se bombarde plus. Il se désactive.
L’article du Cato Institute est une distraction. Une fiction intellectuelle. Une couverture idéologique pour un empire qui a déjà changé de peau.
La domination ne passe plus par la présence. Elle passe par la donnée, la logistique, la norme.
La Machine ne part pas. Elle absorbe.
Et ceux qui pensent encore qu’elle va “laisser faire l’Europe” sont déjà obsolètes.