Loin d’être un simple populiste à la recherche d’un second mandat, Donald Trump incarne un projet impérial inédit, mêlant domination technologique, expansion territoriale et hiérarchisation biopolitique des États. Ce n’est plus seulement une lutte pour la suprématie économique ou militaire, mais une sélection planétaire entre ceux qui auront droit au futur et ceux qui seront relégués à l’obsolescence.
Là où les grandes puissances de l’Histoire cherchaient à conquérir par la guerre, Trump et son entourage technocratique cherchent à structurer un monde où seuls les États compatibles avec le Biopower américain auront une place. Ceux qui ne rentrent pas dans le moule seront taxés, soumis ou laissés mourir.
Le nouveau classement des états : Gopis et Nogis en version géopolitique
Michel Foucault avait théorisé que le pouvoir moderne ne se contente plus de punir ou de régner par la force, mais trie, hiérarchise et optimise la vie. Il ne s’agit plus seulement de coloniser, mais de choisir qui a le droit d’être puissant et qui sera mis en quarantaine économique et technologique.
Dans ce modèle, on retrouve les Gopis, les États optimisés et intégrés dans l’ordre technocapitaliste américain, et les Nogis, les États obsolètes, inutiles ou à éliminer progressivement.
Catégorie | Pays concernés | Statut sous Trump II |
Gopis (optimisés et intégrés) | États-Unis, Israël, Royaume-Uni, Japon | Alliés privilégiés, accès aux nouvelles technologies, protégés par le Biopower américain. |
Technodépendants-Gopis | Canada, UE (France, Allemagne), Corée du Sud | Partenaires sous pression : ils doivent suivre les règles américaines sous peine de sanctions. |
Nogis (exclus et obsolètes) | Russie, Iran, Venezuela | Sanctionnés, isolés du Biopower, considérés comme des États archaïques. |
Technodépendants-Nogis | Afrique, Amérique latine, Europe de l’Est | États sans valeur stratégique, ignorés jusqu’à leur effondrement. |
Ce tri géopolitique détermine qui pourra accéder aux infrastructures économiques et scientifiques du futur et qui sera relégué à l’âge de pierre.
Annexer le Groenland
En 2019, Trump avait évoqué l’achat du Groenland, déclenchant rires et indignations. Aujourd’hui, ce projet s’inscrit dans une logique biopolitique impitoyable : annexer le Groenland, c’est prendre le contrôle d’un pivot stratégique majeur.
Pourquoi cet acharnement sur ce territoire glacé ? Parce que le Groenland, c’est l’avenir de la planète. Ses sous-sols regorgent de terres rares, de minerais critiques pour les technologies avancées et de gigantesques réserves d’eau douce. Son territoire permet de contrôler les routes maritimes de l’Arctique, où se joue déjà une guerre silencieuse entre Washington, Moscou et Pékin.
Le Groenland est un territoire idéal pour un laboratoire biopolitique : peu peuplé, riche en ressources, facile à militariser. C’est le lieu parfait pour expérimenter les politiques transhumanistes et biotechnologiques du Biopower américain. Qui contrôlera ces terres décidera des standards économiques et militaires du XXIe siècle.
Atout stratégique | Rôle sous Trump II |
Ressources minières | Accès exclusif aux terres rares indispensables aux technologies avancées. |
Contrôle des routes maritimes | Maîtrise des nouvelles routes commerciales ouvertes par la fonte des glaces. |
Base militaire avancée | Domination militaire de l’Arctique face à la Russie et la Chine. |
Espace biopolitique | Territoire idéal pour tester les politiques d’optimisation humaine et écologique. |
L’achat ou l’annexion du Groenland ne serait pas un caprice, mais un acte fondateur du nouvel Empire américain, où la domination passe par la sélection des territoires et des populations compatibles avec la superpuissance.
Faire du Canada le 51ᵉ État : absorber pour dominer
Le Canada représente l’antithèse du modèle américain : protection sociale, régulations environnementales, ouverture migratoire. Pour Trump et les siens, ce modèle est une anomalie à corriger.
L’idée d’intégrer le Canada aux États-Unis répond à une double logique biopolitique et impériale. D’un côté, cela permettrait de supprimer un voisin trop indépendant, de l’autre, c’est un jackpot économique et énergétique.
Pourquoi Trump veut intégrer le Canada ? | Effet géopolitique |
Désindustrialiser le Canada | Déplacer les industries vers les États-Unis et affaiblir l’économie canadienne. |
Démanteler le système social | Éliminer un modèle d’État providence qui défie l’ultralibéralisme américain. |
Exploiter les ressources naturelles | Pétrole, eau douce, terres agricoles sous contrôle américain. |
Unifier l’Amérique du Nord | Transformer le Canada en simple extension de la puissance américaine. |
Les Canadiens ne veulent pas être Américains ? Peu importe. Trump peut jouer la carte de l’étranglement économique et des menaces sécuritaires pour forcer un référendum d’intégration sous pression. Le Biopower américain ne demande pas l’avis des faibles, il les absorbe ou les laisse mourir.
Taxer le monde : punir les états incompatibles
L’outil ultime de cette restructuration du monde par la domination biopolitique, c’est la guerre économique totale. Trump ne veut plus seulement sanctionner ses adversaires, il veut imposer une sélection darwinienne des États selon leur rentabilité.
Pays taxés | Motif sous Trump II | Statut dans le Biopower |
UE (France, Allemagne) | Trop régulée, trop sociale, modèle économique incompatible. | Nogis technodépendants : en voie d’exclusion, taxés jusqu’à soumission. |
Chine | Rival technologique et géopolitique. | Ennemi structurel à affaiblir par tous les moyens. |
Canada | État providence inefficace, à aligner sur le modèle américain. | Technodépendants-Gopis : en attente d’absorption. |
Russie, Iran | États archaïques, hostiles au Biopower. | Nogis géopolitiques : ennemis structurels, isolés. |
Ces taxes ne sont pas qu’un levier économique, elles sont une arme biopolitique : elles déterminent qui a encore le droit d’être un acteur économique majeur et qui est condamné à la pauvreté et à la stagnation.
“Si vous ne contribuez pas à la puissance américaine, vous êtes un coût, et un coût doit être éliminé.”
Là où autrefois les États-Unis cherchaient à intégrer le monde dans un ordre libéral, Trump impose une sélection naturelle économique où seuls les États compatibles avec la domination américaine auront droit à l’avenir.
L’Empire sélectif
Trump II ne sera pas une simple présidence protectionniste, mais un projet impérial total. L’Amérique ne cherchera plus à gouverner le monde, elle choisira qui a le droit d’exister.
Les États faibles seront absorbés, punis ou abandonnés, comme les populations que Foucault décrivait dans sa théorie du biopouvoir. Le futur ne sera pas une guerre entre nations, mais une sélection entre les États capables de s’adapter au Biopower américain et ceux qui seront laissés derrière.