LA MACHINE (3/3) – le sang

Jean Frantzdy
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Rappel de l’introduction commune (extrait)
(…)
L’Amérique est à bout. Elle ne cherche plus à convaincre. Elle ne discute plus avec ses enfants désobéissants. Elle organise.
Elle construit un système qui n’a plus besoin d’idéologie ni de consensus.
Elle fabrique un pouvoir qui ne se vote pas.
Un pouvoir qui passe par la matière, la donnée, le calcul.

Et ce pouvoir, comme tout corps, a besoin d’un sang pour circuler.
Ce sang, c’est la monnaie.
Et cette monnaie, demain, sera programmable.

L’argent n’est plus ce qu’il était

L’argent liquide disparaît. Les espèces sont stigmatisées, assimilées au crime, à la fraude, au terrorisme.
Les banques centrales proposent une alternative : les CBDCCentral Bank Digital Currencies. Une monnaie numérique, émise par l’État, circulant sur des réseaux cryptographiques sécurisés.

Officiellement, c’est pour lutter contre le blanchiment, renforcer l’inclusion financière, accélérer les paiements transfrontaliers.
Mais dans les coulisses, les rapports PwC et AFGAP en témoignent : la CBDC redéfinit totalement le rôle des banques, des citoyens, et de la monnaie elle-même.

Ce n’est plus seulement un moyen d’échange. C’est un outil de gouvernance comportementale.

L’argent programmable : carotte et bâton 2.0

La promesse des CBDC n’est pas seulement la rapidité. C’est la conditionnalité.

Un gouvernement peut décider :

  • Qu’une aide ne peut être utilisée que pour l’alimentation.
  • Qu’une allocation ne peut être dépensée que dans certaines zones.
  • Qu’un individu à “risque” ne peut effectuer que des micro-paiements plafonnés.

C’est l’argent transformé en code éthique personnalisé.
Un outil de discipline douce, appliqué en temps réel, sans besoin de loi, de juge, de débat.

Et ce n’est pas une dystopie future.
C’est déjà en phase pilote dans plus de 100 pays.
Les tests CBDC au Nigéria, en Chine, en Inde, en Europe et bientôt aux États-Unis vont tous dans la même direction :
remplacer la monnaie par un système de permissions adaptatives.

La donnée biologique entre dans la boucle

Mais le paiement, seul, ne suffit pas.
Ce que la Machine veut, ce n’est pas juste que tu dépenses bien. C’est que tu vives bien.
C’est-à-dire : selon ses paramètres d’optimisation.

C’est ici que la biopolitique entre en scène.

Foucault avait vu juste : le pouvoir moderne ne se contente pas de réprimer. Il administre la vie. Il décide qui doit être soigné, éduqué, surveillé, accompagné.

Aujourd’hui, grâce à l’IA et à la centralisation des identités numériques, ce pouvoir devient totalement programmable.

  • Ton score santé (poids, activité, habitudes alimentaires) peut influencer ton accès à certaines offres.
  • Ton score comportemental (civisme, dépenses, historique social) peut conditionner ton éligibilité à un prêt.
  • Ton score énergétique (empreinte carbone) peut déterminer ton accès au transport ou à certaines zones.

Ce n’est plus de la régulation. C’est un système de tri globalisé, individualisé, perpétuel.

L’économie devient un moteur biologique

Dans l’ancien monde, tu étais une unité économique.
Dans le nouveau, tu es un ensemble de flux modélisables, optimisables, voire reconfigurables.

La monnaie devient l’interface de ton existence.
Elle enregistre, conditionne, récompense ou punit.
Et tout cela, sans violence, sans loi, sans drapeau.

C’est une bio-économie algorithmique, où le vivant est codé en temps réel selon sa valeur systémique.

Le vivant n’est plus protégé. Il est calculé.

Une démocratie sous condition

L’illusion tient dans la rhétorique. On parle d’inclusion, de sécurité, d’accès universel.
Mais la structure qui se dessine est celle d’un monde à paliers, où la norme devient la seule liberté restante.

On ne vote plus pour un programme.
On reçoit des points pour son bon comportement.
On ne conteste plus une injustice.
On demande une réévaluation de sa note.

Le citoyen devient un profil dynamique, inséré dans un système de permissions automatiques.
Et ce système est global, privé, opaque, irréversible.

Le sang est prêt

La Machine a son cerveau (qubits),
son corps (Stargate),
et maintenant son sang (CBDC + biopolitique).

Un sang programmable, distribué par des artères cryptées, qui récompense les organes dociles et assèche ceux jugés inutiles.

Ce système, prévu pour 2027, ne porte pas de nom officiel.
Mais il fonctionne déjà.
Il se déploie dans le calme. Sans guerre. Sans vote.
Il ne vous demandera pas votre avis.
Il vous donnera un score.

Et quand vous comprendrez, il sera trop tard pour négocier.

La démocratie algorithmique n’attend pas les élections.
Elle vous scanne. Elle vous classe. Et elle vous corrige.

Le futur est déjà en cours.
Et cette fois, ce n’est pas un coup d’État.
C’est une mise à jour.

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J. Frantzdy est un analyste politique et géopolitique, fondateur de Hume.Media et créateur du concept Sentinélisme, mais il se décrit comme Filostreamer. Avec son style sarcastique et cynique, il décrypte l’actualité sans concession, mêlant ironie mordante et rigueur analytique. Actif sur TikTok (226K abonnés) et d’autres plateformes, il aborde des sujets complexes avec une approche stratégique et stoïque, s’appuyant sur le rapport de force comme clé de lecture du monde. Ses vidéos oscillent entre humour noir et réflexion profonde, tout en incitant à penser par soi-même. Créateur du format MVM4, il déconstruit les discours dominants avec une grille d’analyse en quatre mouvements : Observation, Identification, Fragmentation, Association/Défragmentation. Sa maxime : "On va tous mourir, oui, mais pas tout de suite."
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