Titre : Project 2025 — La fausse liberté, le vrai tri
Durée : 15min 30
Découpage :
- Introduction : Ce que cache le mot liberté
- Partie I : Le mythe de la liberté selon Project 2025
- Partie II : Biopower déguisé — tri, oubli et neutralisation
- Partie III : Les Gopis et les Nogis — anatomie d’une société filtrante
- Partie IV : Le Stargate américain — filtrer l’évolution
Project 2025 se présente comme une restauration.
Une restauration de la liberté. De la morale. De la souveraineté.
C’est écrit noir sur blanc, dans les premières pages du document : “Redonner le pouvoir au président élu, restaurer la liberté des Américains.”
Mais très vite, derrière les mots, on comprend.
Ce n’est pas une liberté universelle.
C’est une liberté conditionnée.
Ce que propose Project 2025, ce n’est pas de vous libérer du pouvoir.
C’est de vous libérer si vous correspondez.
Les citoyens ne sont plus égaux. Ils sont évalués.
Les institutions ne protègent plus. Elles trient.
Le mérite devient un mot creux, utilisé pour légitimer l’exclusion structurelle.
Vous êtes pauvre ? Vous n’avez pas travaillé assez.
Vous êtes trans ? Vous êtes une anomalie morale.
Vous êtes dépendant des aides ? Vous êtes un fardeau.
Et la liberté ?
Elle reste, oui. Mais elle devient une preuve à fournir.
Une récompense pour les conformes.
Une corde lâchée aux autres, pour qu’ils apprennent à tomber seuls.
Project 2025 attaque les agences de régulation.
Il réduit l’État social à peau de chagrin.
Il veut déréguler les marchés, supprimer les protections collectives, couper les financements à toutes les structures qui enseignent l’histoire critique, les études de genre, ou les mouvements antiracistes.
C’est une opération d’épuration idéologique.
Mais elle ne se fait pas par la force.
Elle se fait par le filtre.
Et ce filtre s’appelle “liberté”.
Liberté d’exclure.
Liberté de moraliser.
Liberté de privatiser.
Ce n’est pas un retour à la démocratie libérale.
C’est une avancée vers un modèle techno-moral où le droit devient un privilège.
On ne vous empêche pas de parler.
Mais on retire les micros.
On ne vous interdit pas de vivre.
Mais on supprime les conditions matérielles de votre existence.
Vous êtes libre.
Libre de disparaître.
Libre de vous effondrer.
Ce qu’on vous propose, ce n’est pas un contrat social.
C’est un contrat de performance.
Et si vous ne rentrez pas dans la case, vous n’êtes pas emprisonné.
Vous êtes laissé là.
En marge.
Oublié.
Voilà le cœur du quatrième axe.
Il ne vous dit pas : “Tu n’as pas le droit.”
Il vous dit : “Tu n’es pas utile.”